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Synthèse de l’ouvrage "Les Emotions" de Stéphane Rusinek

Dernière mise à jour : 1 mai


Stéphane Rusinek est un professeur de psychologie clinique à l'université Lille Nord-de-France, spécialiste en interventions cognitivo-comportementales éducatives et sociales et auteur de plusieurs ouvrages sur les Thérapies Émotionnelles, Comportementales et Cognitives ainsi qu’au moins d’un roman.

Son livre Les émotions : Du normal au pathologique, est une riche exploration de 69 ouvrages de divers courants de pensée – philosophie, positivisme, études et expériences scientifiques, psychiatrie clinique – écrit par des auteurs de référence dans ce domaine. Il passe brièvement en revue les travaux effectués sur le sujet et termine par les perspectives des domaines de robotique, de communication et de médecine. L’auteur cherche à donner plus de clarté sur le sujet tellement importante pour l’être humain et une matière tellement éphémère, où même la méthodologie des recherches scientifiques est difficile à déterminer.

Comme son titre l’indique, ce livre décrit les émotions dans leurs expressions saines – la peur, la colère, la joie que nous éprouvons tous les jours, et disserte sur les pathologiques - anxiété, dépression, troubles du contrôle des impulsions, trouble obsessionnel, phobie.

L’auteur explore la sphère des émotions : leurs causes, provenances, leur impact sur notre vie ainsi que les moyens de guérison pour ce qui sort des limites de la norme, tout en familiarisant son lecteur avec la terminologie en vigueur dans ce domaine de recherches. Stéphane Rusinek nous présente différentes théories et des expériences menées par un certain nombre de chercheurs dans le but de décortiquer les émotions, comprendre leurs racines pour en maitriser les conséquences. L’étude vise à donner les clés de lecture des émotions à un public universitaire et exposer quelques connaissances acquises dans le traitement des émotions pathologiques.

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Commençant par une anecdote tragique d’un fait divers, où un jeune homme meurt à cause d’une émotion mal maitrisée, l’auteur nous montre comment les émotions peuvent interférer dans le processus cognitif lors de la prise de décision, ainsi que la primauté d'une émotion forte telle que la peur, sur le raisonnement.

L’auteur pose la question de la pertinence des études sur les émotions et y répond de façon affirmative : bien que phénomène communément présent, les émotions suscitent des controverses suite à la diversité des réactions chez différentes personnes.

D’où naît l’émotion ? Comment établir la prépondérance entre la réponse physiologique et l’analyse ? Car c’est notre interprétation qui fait naître l’émotion et non la situation en soi. C’est sur cette piste des réactions individuelles – des normales aux pathologiques – que Stéphane Rusinek engage son investigation.

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Le premier chapitre nous plonge dans l’historique des études philosophiques sur la question (Socrate, Descartes, Kant), ainsi que les émotions comme un développement dû à l’évolution des espèces selon Darwin.

Les émotions, tel Janus à double visage, ont toujours des significations positive et négative. Utile à la survie par socialisation dans l’état normal, l’émotion peut perdre sa valeur adaptative lorsqu’elle est trop intense – comme la rage, le désespoir ou la dépression.

L’émotion focalise notre attention ; des données associées à une forte émotion sont plus facilement retenues et restent disponibles dans notre mémoire. En même temps, les émotions fortes nous font réagir de manière impulsive, inadaptée et imprévisible, non réfléchie – elles s’opposent à la pensée rationnelle.

Notre humeur nous dicte le choix des souvenirs et guide notre attention agissant comme un filtre sélectif. Une personne d’humeur positive évalue et interprète son environnement d’une façon optimiste et agit en conséquence. Inversement, une personne anxieuse recherche dans l’environnement et sa mémoire des indices de menace et de danger et sous-estime ses capacités à les affronter.

Si le sentiment, en engendrant des comportements réfléchis et adaptés, nous permet de nous préparer à une éventualité (comme le sentiment de crainte qui nous pousse à éviter le danger), l’émotion nous empêche de réfléchir, de surmonter nos tensions internes et canaliser notre énergie nerveuse, mobilisée pour faire face à l’imprévu.

C’est l’accumulation de ces tentions énergivores qui installe le stress : une réaction hormonale spécifique et la mobilisation de ressources de l’organisme exposé à des agressions de son environnement. Face à ces agressions, l’organisme réagit en trois phases :

– alarme ou choc, – résistance ou adaptation, – épuisement ou décompensation.

Quand la demande de l’environnement excède nos ressources et nos capacités adaptatives, lorsque les moyens d’adaptation s’avèrent inefficaces, le stress provoque une chute de la résistance, pouvant entraîner la mort.

Dans sa version « Dr Jekyll » un bon stress (eustress) présente l’activation nécessaire de l’organisme qui permet de se confronter aux adversités et les surmonter. Tandis que la face « Mr Hyde » ou un mauvais stress (distress) est susceptible d’entraîner la mort par épuisement.

La question reste ouverte : qui (l’œuf et la poule) – de la réaction physiologique ou de l’interprétation cognitive des situations prime lors de la naissance d’une émotion.

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Le début du Chapitre 2 retrace l’apparition des émotions primaires chez l’enfant comme un héritage de notre évolution. Les émotions de base sont innées et universelles car peu soumises à l’influence de la culture. L’ensemble des émotions chez l’adulte se construit par combinaison des émotions innées. Ce sont des émotions dites secondaires, qui sont plus élaborées.

Une fois adultes, elles nous guident vers nos objectifs et dans la quête de sens – d’où leur importance primordiale. Lorsqu’une perturbation risque de nous détourner de notre but, une « alarme » émotionnelle se déclenche pour attirer notre attention vers la cause de cette interruption. Les émotions négatives jouent un rôle de voyants rouges sur notre « tableau de bord » : tristesse, peur, anxiété – autant de tentatives de nous signaler qu’il faut trouver une réponse adéquate à la situation qui s’est présentée à nous.

Si un nouveau plan peut être mis en place, ce sont des émotions positives qui vont apparaître pour nous monter que nous sommes sur la bonne voie. L’atteinte d’un état désiré est récompensée par des émotions positives : la joie et la satisfaction. Néanmoins, les buts importants, même atteints, sont maintenus activés.

Ainsi, les émotions nous accompagnent en permanence car de nouvelles données apparaissent dans notre environnement, des problèmes et des obstacles surgissent. Nous devons prendre des décisions et choisir une stratégie comportementale pour continuer notre route. Le choix de la stratégie se fera par l’interaction de l’évaluation cognitive (pensée) et les émotions, qui sont définies et redéfinies en permanence par nos schémas inconscients que nous verrons plus trad.

Chaque être humain réagira à une situation d’une façon singulière pour des raisons internes. Le même événement aura des conséquences différentes pour chacun à cause de variables individuelles qui guident l’interprétation cognitive et émotionnelle de la situation. La même personne n’éprouvera pas non plus les mêmes émotions dans des circonstances semblables car les causes, les conséquences et le contrôle présumé de la situation seront autres.

L’analyse cognitive préalable à toute émotion est déterminé par deux facteurs : 1/ la situation ou l’environnement ; 2/ les dispositions de l’individu : ses croyances, sa personnalité.

L’émotion se déclenche par le changement de l’information extérieure, s’exprime et perdure par les évaluations de la situation qui la génère. L’émotion est une ressource adaptative, la réponse – cognitive et physiologique – à l’environnement avec lequel nous sommes en constante interaction. Chaque situation est un challenge adaptatif, une source de bénéfices ou de pertes – donc, une source d’émotion.

L’évaluation est un lien entre l’événement et l’émotion, elle dépend de notre développement spécifique, nos expériences passées, nos buts à court et long terme, nos conditions sociales et nos ressources physiologiques et psychologiques - elle est donc toujours unique, personnelle car déterminée par nos propres caractéristiques. Face à un même événement, selon les informations dont dispose chacun pour réaliser ses évaluations cognitives, nos réponses émotionnelles seront différentes.

Nous choisirons aussi notre manière individuelle de faire face à l’environnement en constante mutation, par des efforts cognitifs et comportementaux pour gérer les événements internes et externes ainsi que leurs conflits, qui mettent à l’épreuve et excédent parfois nos ressources. Donc, pour affronter le stress, nous allons nous centrer soit sur le problème soit sur l’émotion pour rétablir l’équilibre et continuer, avec plus ou moins d’efficacité, le chemin vers notre but – passager ou ultime.

De façon simplifiée, nous pouvons illustrer ci-après notre processus de prise de décision depuis un événement constaté par notre conscience et jusqu’à l’application d’une stratégie choisie, en passant par l’analyse que nous effectuons (évaluation cognitive) en interaction permanente avec nos émotions. La pathologie est un « bug » de ce système où, par analyse cognitive erronée, nous persistons à appliquer une stratégie qui n’est ni efficace, ni adaptée.



Les schémas dont il est question ci-dessus, sont à la fois des structures et des processus qui canalisent notre attention et interviennent comme des filtres cognitifs dans notre procès de traitement de l’information. Ils sont créés durant la vie par images, sensations, idées et influencent l’ensemble de nos comportements.

Les premiers schémas – schémas précoces – se constituent très tôt chez l’enfant par interaction avec son environnement et ses proches. L’environnement social – la source de modèles émotionnels, ainsi que le climat culturel dans lequel l’enfant grandit ont aussi une grande importance. Ces schémas sont nécessaires au développement de l’enfant – ils le guident dans le développement d’aptitudes en lien avec des besoins fondamentaux : autonomie, sécurité de base, relations interpersonnelles, estime de soi, expression de soi et apprentissage de limites réalistes.

Ce sont des carences dans ces domaines ou de mauvais apprentissages qui vont former des schémas précoces inadaptés et faire basculer une personne dans la pathologie émotionnelle chez l’adulte : dans l’anxiété, la dépression, ou encore s’exprimer par des troubles de la personnalité. Des expériences émotionnelles négatives renforcent les schémas et produisent des comportements répétés d’échec. Ces schémas, très utiles dans l’enfance, le sont beaucoup moins à l’âge l’adulte, où nous sommes capables de développer d’autres aptitudes et stratégies.

Les schémas contiennent des croyances, des règles et sont responsables de patterns comportementaux comme la fuite, l’attaque, l’évitement, l’approche, etc. Ils influencent nos structures cognitives et mémorielles faisant naitre des croyances comme : « Toute situation étrange est dangereuse » ; « Il est toujours meilleur de supposer le pire » ; « Les gens vont attaquer au moindre signe de ma faiblesse » ; « Une situation ou une personne est dangereuse jusqu’à preuve du contraire ».

Le traitement de l’information dans notre cerveau est dirigé par ces schémas et nos émotions en sont profondément influencées aussi bien que nos pensées et nos comportements.

Dans le système d’évaluation cognitive qui concerne essentiellement des émotions négatives, trois étapes se succèdent :

1/ Une reconnaissance automatique, involontaire, inconsciente et très rapide des informations importantes pour nous, essentiellement relatives à la menace (car notre survie est en jeu) ;

2/ L’identification d’un stimulus comme négatif (ou positif) entraîne l’activation de schémas en corrélation avec ce stimulus ou avec l’émotion qui lui est attribuée. Ce schéma contient des patterns bio-cognitivo-affectivo-comportementaux construits pour assumer des objectifs tels que la survie, la sécurité, la procréation et la sociabilité.

3/ Une élaboration secondaire, toujours involontaire mais guidée par des schémas moins archaïques, détermine la signification de cette situation pour nous, lui donne une valeur émotionnelle et active les stratégies pour la gérer.

Ainsi, des comportements, des tactiques d’ajustement, des réponses physiologiques se développent en relation avec des émotions spécifiques.

Les schémas recherchent une cohérence entre leurs structures existantes et les informations externes. Les émotions jouent un rôle central dans la structure des schémas mémoriels. L’organisation de stockage des informations en mémoire à long terme est formée suivant la valeur émotionnelle des informations. Quand des schémas mémoriels sont activés, ils guident nos processus cognitifs en fonction de l’émotion ressentie.

Les schémas influencent toute la chaîne de traitement des données, à partir de la sélection des stimuli dans l’environnement, aux réponses émotionnelles, comportementales et physiologiques, en passant par le codage et le stockage de l’information acquise, et possèdent une architecture propre en mémoire. Les structures cognitives en mémoire à long terme sont construites par intégrations successives d’expériences et contiennent les informations de références sur soi-même et sur le monde. Des informations sont regroupées en fonction des émotions qui leur sont liées.

Notre raisonnement et nos actions, notre discours intérieur qui évalue, formule des commentaires sur nous et notre comportement, les intentions des autres et sur le monde, sont conditionnés par ces schémas. A cause des schémas, nous avons tendance à généraliser notre expérience émotionnelle. Un vécu négatif peut prendre une place prépondérante à cause des émotions fortes qui y sont attachées. Ainsi, nous répondrons de manière automatique et inadéquate – par la peur ou la jalousie, par exemple – à une situation et un environnement complétement nouveaux.

Fermement maintenus par des éléments comportementaux, cognitifs et affectifs, lesschémas sont difficilement modifiables car, vivant avec eux et par eux, nous nous en accommodons, et y trouvons des bénéfices à court terme.

Dans le cas de pathologie, les schémas entrainent l’isolement, la dépendance et des difficultés relationnelles à tout niveau. Ainsi, les schémas anxieux rendent certaines informations plus accessibles en mémoire, produisent des jugements biaisés et font commettre des erreurs d’évaluation, où des stimuli anodins acquèrent un caractère anxiogène.

Les personnes anxieuses surestiment les menaces de leur environnement et sous-estiment leurs capacités à les affronter. Leur discours reflète l’appréhension de l’avenir, l’hésitation, et le doute : « je suis terrorisé », « je vais être ridicule », « il faut que je m’en sorte »… Préoccupées par des risques et des dangers éventuels, elles mettent en place des rituels, des évitements, etc. – bref, des stratégies inadaptées et inefficaces face à une situation donnée.

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Mais revenons aux émotions ! Un désir de se surpasser en affrontant le danger, ressentir l’excitation du challenge nous plonge parfois dans une situation où nous vivons une émotion désagréable – la peur ou le dégoût, quand nous regardons un film d’horreur, par exemple. Nous ressentons l’excitation parce que l’on sait que l’émotion désagréable aura lieu, et nous ressentirons la satisfaction de parler après coup d’une émotion difficile vécue.

Quand nous cherchons à vivre des émotions fortes, nous mettons en place des stratégies nous aidant à les supporter. Ces 3 styles cognitifs d’affrontement nous apportent une solution permettant de faire face mentalement au caractère stressant d’une situation :

  1. L’acceptation de vivre pleinement une émotion et des sensations ;

  2. L’intellectualisation, le détachement intellectuel : présenter la situation stressante comme une étude scientifique, par exemple.

  3. La négation des réactions de stress, de l’émotion désagréable.

Il existe aussi des solutions comportementales pour faire face à des sensations désagréables : détourner la tête ou engager une conversation lors d’une scène trop sanglante d’un film d’horreur, par exemple.

Il existe des dizaines de stratégies, et certaines – mal choisies – peuvent causer des pathologies comme l’anxiété ou la dépression. Exemples : Si après le décès d’un proche vous cherchez la compagnie des gens qui sont sur la même longueur d’ondes, votre tristesse n’en sera qu’augmentée. Si vous avez peur des chiens et vous les évitez, votre anxiété va grandir. L’émotion n’est pas pathologique en soit, mais les comportements associés sont inadaptés.

Une fois le système déréglé, nous comprenons que les choses ne tournent pas rond et un stress spécifique apparait : l’idée même de revivre un événement associé à une émotion mal vécue et non contrôlée nous inquiète, en nous mettant face à notre incapacité de gérer la situation de manière adéquate. Le sentiment de danger et le manque de contrôle sur l’extérieur et sur soi-même sont stressants et générateurs d’anxiété. Nous devenons anxieux en utilisant des stratégies d’ajustement elles-mêmes anxiogènes.

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Le Chapitre 3 passe de la théorie à la pratique : il étudie des techniques et outils de thérapies comportementales et cognitives des émotions pour les cas pathologiques et la gestion des émotions pour améliorer notre bien-être à tous au quotidien. Mais attention ! Toute action doit être réfléchie pour ne pas induire d’effets inverses.

Comment soigner nos émotions ? Trois facteurs peuvent être considérés dans la gestion des émotions et des troubles de l’humeur : la situation, l’activation physiologique et l’analyse cognitive – évaluation de la situation. Ce n’est pas simple mais parfois il est possible d’agir sur l’un de ces trois facteurs pour faire disparaitre l’émotion négative.

La restructuration cognitive se base sur le principe suivant : si un problème émotionnel peut être engendré par un conditionnement, alors un contre-conditionnement doit pouvoir le résoudre. Le but des thérapies comportementales et cognitives est donc double :

1/ Déconditionner les apprentissages par association des stimuli provoquant les émotions non désirées avec des situations de plaisir, comme la relaxation par exemple ;

2/ Faire comprendre à la personne concernée comment agissent les émotions sur ses comportements, pour qu’elle puisse prendre conscience des aspects handicapants et des aspects adaptatifs et/ou plaisants des émotions, afin d’éliminer certaines influences tout en conservant les autres.

Il existe des techniques d’exposition aux stimuli anxiogènes fondées sur le principe que la confrontation réfléchie et contrôlée permet d’apprendre à gérer l’anxiété qui lui est associée et éviter la mise en place de comportement de fuite ou d’évitement. Cette situation permet également de repérer des pensées dysfonctionnelles et les discuter pour montrer comment elles augmentent le ressenti émotionnel lors de l’exposition aux stimuli.

Une exposition graduelle in vivo est l’exposition d’un patient à une hiérarchie d’« agents perturbateurs » allant de celui qui provoque le moins de réaction émotionnelle à celui qui en provoque le plus. Chaque situation de cette hiérarchie, maitrisée émotionnellement, diminue l’anxiété et permet ainsi d’affronter la suivante.

Il est possible d’utiliser la relaxation pour faciliter ce processus car la peur sera inhibée par cet état qui lui est antagoniste. L’hypotonie musculaire lors de la relaxation s’oppose également à l’éveil associé à l’anxiété.

Une autre technique est la Désensibilisation systématique : la personne affronte les situations réelles en utilisant des stratégies de relaxation en même temps. Il est possible également d’associer une source de plaisir intense à cette situation anxiogène.

Des techniques non-graduées, comme l’Implosion (confronter le patient, en imaginaire, aux situations les plus anxiogènes) et l’Immersion (le faire dans la réalité) sont réservées aux thérapeutes aguerris car elles peuvent augmenter les propriétés anxiogènes des stimuli en cas de mauvaise utilisation.

Même au quotidien, certaines émotions peuvent être handicapantes : la boule dans la gorge qui empêche de s’exprimer au bon moment, des plaques rouges sur le visage, des bégaiements, des larmes qui apparaissent trop facilement… Si nous arrivons à changer notre perception des situations, trouver des interprétations plus positives, évaluer objectivement la situation et ses conséquences – cette analyse peut être d’un grand secours dans la gestion des émotions.

Les techniques qui peuvent être utilisées au quotidien sont nombreuses :

AVCOP – association verbale continue orientée positivement : évoquer des événements, des souvenirs et des informations positives permet d’activer préférentiellement des nœuds mémoriels positifs.

Optimisme et bonne humeur sont à maintenir et à développer ! Ainsi, la gravité perçue des événements est minimisée tandis que les ressources disponibles deviennent plutôt surestimées. L’endurance, la curiosité, l’envie de s’impliquer dans des activités diverses modèrent les effets négatifs des émotions, aussi bien qu’une bonne hygiène de vie, pratique d’un sport, équilibre alimentaire, sommeil de qualité, etc. – ce sont des conditions nécessaires de l’énergie et du bien-être.

Soutien social, relations sociales de qualité, liens affectifs positifs – amitié, amour ou juste sympathie – nous procurent aussi des aides pratiques et des informations relatives à la situation qui peuvent réduire l’impact émotionnel d’un événement en permettant de le relativiser.

Notre émotion et notre stratégie (fuite, évitement ou affrontement) dépendent également du contrôle que nous pensons avoir sur la situation. Notre sentiment subjectif d’avoir ou de perdre le contrôle sur notre vie - qui se reflète dans notre discours – atténue ou amplifie les perturbations psychologiques. L’information ici joue un rôle capital – plus nous sommes informés, plus nous pensons maitriser notre environnement. Cette impression est plus importante pour nous que le contrôle réel en vue de développer une stratégie comportementale adaptée.

Pour augmenter la sensation de contrôle les Jeux de rôles proposent d’apprendre par cœur quelques répliques et les prononcer au moment crucial où nous avons l’impression de perdre le contrôle de la situation.

L’auto observation permet de repérer ces manques, les jeux de rôle enregistrés sur une vidéo, l’imitation de comportement affirmé d’autrui sont autant d’outils efficaces…

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Le Chapitre 4 nous donne quelques éclairages dans plusieurs domaines.

Le premier est l’étude des émotions dans le domaine de la robotique et de l’informatique : des idées et des recherches récentes sur des robots qui sont sensés éprouver ou imiter des émotions, pour assurer une meilleure compatibilité avec l’homme qui les emploie.

Suit l’utilisation des émotions dans l’industrie publicitaire pour augmenter la mémorisation d’un message et associer un produit à une valeur. Ainsi, une annonce classique publicitaire peut être vue comme une formule : PUB = problème + solution + émotion.

Puis, la neuropsychologie des émotions et le rôle des amygdales sont expliqués. Certains chercheurs localisent les bonnes émotions dans l’hémisphère gauche et les mauvaises – dans le droit. Néanmoins, la position prédominante actuellement est celle de réseaux neuronaux impliquant diverses zones corticales dans le traitement des émotions.

L’intelligence émotionnelle est aussi à l’honneur. Si les émotions et la pensée sont deux systèmes pouvant gérer nos comportements, pour chaque personne l’une des deux serait prédominante. Sur cette idée les principes de l’intelligence émotionnelle ont été basés.

L’intellectualisation n’est pas la meilleure façon de réagir ni la preuve de la meilleure adaptation. Notre environnement est social, émotionnel : celui qui sait à la fois utiliser son intellect et réagir de manière adéquate socialement, donc émotionnellement, s’y adapte le mieux. Pour cela, il faut posséder une capacité de gestion et de contrôle sur ses propres émotions. Ceci implique la connaissance de son fonctionnement émotionnel comme celui des autres, la maîtrise de ses pulsions, et la compréhension des situations rencontrées afin de pouvoir prédire leurs issues pour l’ensemble des acteurs.

Enfin, une autre notion importante qui a trait à l’émotion est exposée, celle de la « Fluidité » ou « Flow-theory » de Mihály Csíkszentmihályi. Il s’agit d’un état interne que les personnes ayant de bonnes capacités émotionnelles peuvent ressentir quand elles dépassent leurs limites dans l’accomplissement d’une tâche. C’est une expérience subjective intense de satisfaction et d’épanouissement au lieu d’une fatigue due à l’effort.

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Dans la Conclusion, l’auteur avoue que le domaine des émotions n’est pas facilement étudiable mais son importance apparait de façon de plus en plus saillante aussi bien aux chercheurs qu’à toutes les personnes qui travaillent dans le domaine des relations – à nous tous donc.

Mon avis sur ce livre

Je n’ai pas aimé ce livre – cette étude laborieuse de différentes sources est un pensum mal écrit, plein de maladresses et de fautes d’orthographe. Son plan à tiroirs ne permet pas d’exploration en profondeur, l’investigation reste incomplète.

Après un usage abusif de terminologie, de jargon technique et de phrases ronflantes, l’auteur tire des conclusions d’une banalité affligeante : « Optimisme et bonne humeur, bonne hygiène de vie, pratique d’un sport, équilibre alimentaire, un sommeil de qualité, etc. – ce sont des conditions sine qua non de l’énergie et du bien-être. »

Très décevant.


Natalia Douliez, Fondatrice de CEO COACH


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